i.
Die Ausgabe war zum Glück zweisprachig. So konnte ich die Druckfehler feststellen. So doll ist mein Schwedisch nicht, aber soviel verstehe ich allemal: Kvinnodjuret – aus der bête féminine war die fête féminine geworden. Es war dem Drucker nicht aufgefallen, und auch sonst niemandem. Wie hätte es sollen, es waren Gedichte. Es waren solche, bei denen Druckfehler unbemerkt bleiben. Wie die Lesefehler. Es waren offenbar ganz bedeutende Gedichte. Übersetzt und mit Druckfehlern versehen auch nicht unbedeutender als im Original. Der Mann war ja praktisch Nobelpreisträger, da kann man so etwas erwarten. Es ist das Kennzeichen bedeutender Werke, dass sie Druckfehler nicht verunstalten, ja, nicht einmal Druckfehler bringen das zustande, weil sie Lesefehler nämlich geradezu heraufbeschwören. Das hat nun nichts zu tun mit dem von Williams geforderten sorgsamen Lesen, sondern nur noch mit der Bedeutendheit. Bedeutende Werke bedeuten eben. So oder so. Der vielstimmig aufs Vordach trommelnde Winterregen bedeutet schließlich auch. Aber ich wiederhole mich.
ii.
Ich kriege meine Texte nicht an den Mann, niemand will sie. Vielleicht sind sie zu banal oder zu heimtückisch, oder es hat gar nichts mit ihnen zu tun, ich weiß das nicht. Ich weiß nur, dass einer wie ich Texte schreiben kann, die fast niemand unter die Augen bekommt. Dass sie nicht gelesen werden, ändert nichts an einmal geschriebenen Texten, und ändert doch alles. Solche Texte sind nämlich vollkommen unbedeutend, unbedeutender geht überhaupt nicht. Ich schreibe also vollkommen unbedeutende Texte, die ich ganz allein gegen die bedeutenden setze, wobei die bedeutenden mir zuweilen noch unbedeutender erscheinen als meine eigenen – so kritisch bin ich als Kritiker dann doch, das erlaube ich mir in meiner gänzlichen Unbedeutendheit. Doch auch davon weiß kaum jemand, denn auch das ist wiederum eine reine Privatsache, die außer mir eigentlich niemanden interessiert. Ich weiß wirklich nicht, ob meine Texte einfach zu banal oder zu heimtückisch sind, oder ob das alles gar nichts mit ihnen zu tun hat.
Pratiquement prix Nobel
i.
Heureusement c’était une édition bilingue. Ainsi pouvais-je me rendre compte des erreurs typographiques. Ma connaissance du Suédois est limitée, mais ça, je le comprends : kvinnodjuret – et la bête féminine s’était transformée en fête féminine. L’imprimeur ne s’en était pas rendu compte, et les autres non plus. Comment auraient-ils pu ? C’étaient des poèmes. Et de ceux qui sont faits de sorte qu’on ne s’en rend pas compte lorsqu’il y a erreur typographique. On s’en rend aussi peu compte que de ses erreurs d’interprétation. De toute évidence c’étaient là des poèmes significatifs. Ainsi traduits et agrémentés d’erreurs typographiques, pas moins significatifs que dans l’original. L’auteur étant pratiquement prix Nobel, c’était la moindre des choses. On reconnaît l’œuvre significative à ceci que des erreurs typographiques ne la gâchent point. Oui, même des erreurs typographiques ne réussissent pas à la gâcher et c’est parce que celles-ci ne font que provoquer d’exquises erreurs d’interprétation. Cela n’a rien à voir avec la lecture minutieuse exigée par Williams, mais seulement avec la significativité. Les œuvres significatives signifient. D’une façon ou d’une autre. La pluie d’hiver qui, polyphonique, tape sur la marquise signifie, elle, aussi, n’est-ce pas. Mais je me répète.
ii.
Je n’arrive pas à placer mes textes, nul n’en veut. Peut-être sont-ils trop banals ou trop sournois, peut-être cela n’a-t-il rien à voir avec eux, je n’en sais rien. Je sais seulement que quelqu’un comme moi peut écrire des textes dont presque personne n’a connaissance. Le fait de ne pas être lus ne change rien à des textes une fois écrits, et pourtant en change tout. Car de tels textes sont absolument sans importance, rien au monde ne saurait avoir moins d’importance. J’écris donc des textes sans aucune importance que je compare tout seul aux importants, et parfois les importants me paraissent encore moins importants que les miens, parce que je suis un critique très critique, voilà ce que je me permets d’être dans mon inimportance absolue. Mais ça aussi, presque tout le monde l’ignore, car ça aussi est une affaire strictement privée et n’intéresse donc personne. Je ne sais vraiment pas si mes textes sont trop banals ou trop sournois, ou si tout cela n’a rien à voir avec eux.
11 Janvier / 10 Octobre 2014