Parfois je tombe sur un journal qui ne m’intéresse pas, et à l’intérieur dudit journal sur un article qui ne m’intéresse pas. Puis, je commence à lire, à cause d’une photo peut-être. Par exemple celle de Bernard Hinault avec des vaches. Elle n’est pas nécessairement intrigante ou alléchante, la photo en question, mais c’est bien elle qui, pour une raison inconnue, m’incite à agir de la sorte.
Pas de surprise alors, l’article correspond à l’attente. Il parle du Tour de France, de Bernard Hinault et de vaches, et les phrases dont il est constitué exercent un charme étrange, en prolongation de l’image : je me sens comme logé à la ferme, en conversation plus ou moins forcée avec l’habitant.
Mais pourquoi ces courtes vacances ? Seraient-ce les bonnes bouilles de Bernard Hinault et des vaches qui m’auraient séduit ? Leur effet corrupteur est d’un genre que j’ai du mal à qualifier. L’appel du calme ? Des relents régressifs ? Le désir toujours prégnant d’un sein, voire d’un utérus champêtre ? Tout ça se télescope dans la tête du moderne. M’aurait-il donc apaisé, le petit article ? Absolument pas. J’en sors aussi peu apaisé que de n’importe quel autre séjour chez l’habitant. En fait, j’en sors dérangé, inquiété même, et ces quelques vagues lignes en sont la preuve. Ce qu’elles peuvent être obscures, nos pulsions ! Je commence à comprendre les imbéciles qui commettent d’inexplicables adultères avec plus moche qu’à la maison.
5 Juillet 2016
mercredi 6 juillet 2016
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