jeudi 25 juin 2015

Du décati

Je suis content d’habiter où j’habite, mais comme tout le monde je regarde les annonces immobilières. Je cherche un appartement décati, voire très décati. Non pas pour le retaper mais pour le laisser en l’état. Je n’ai jamais fait quoi que ce soit dans les appartements que j’habite. J’ai amené mes affaires et voilà, le trou est fait. Quant à mon actuel, ils avaient commencé à y entreprendre des travaux, mais j’ai emménagé avant qu’ils n’aient pu les finir. Je n’ai pas continué. Derrière les plinthes arrachées, le mur s’est patiné, on dirait un rappel d’anciennes dorures. Inimitable. Je pourrais plâtrer dessus, mais ce serait un crime, comme peinturlurer sur une toile de Vermeer.

Il me faut donc que l’appartement décati soit très joliment décati, décati avant-guerre, pour ainsi dire. Le décati plus récent ne me convient pas, sauf qu’il y a de moins en moins de maisons de ce genre, entre-temps tout a été refait et, la mise aux normes de l’habitat ayant tendance à déteindre, j’ai l’impression que même chez les personnes cette vieille intelligence en gradations quasi imperceptibles a largement disparu. Certainement rien qu’un effet de perspective ; c’est qu’il doit un peu aigrir, le décati que l’on veut préserver à tout prix.

24 Juin 2015

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