Il faut passer l’hiver d’une façon ou d’une autre.
Pour les ours ou les marmottes, c’est facile, éveillé c’est moins évident.
Profitons-en, promenons-nous dans la neige lorsqu’il y en a – voilà une idée de bon sens. Mais moi, l’hiver me rend aphone, et les promenades muettes, en canadienne, communiant avec les conditions hostiles, sont pour les aguerris mystiques dont, hélas, je ne fais pas partie.
J’hiberne donc sans hiberner, seulement engourdi, ne tirant nul profit de ce repos qui est nécessaire, paraît-il, à l’éternel retour du même, et dont de plus forts que moi savent faire quelque chose.
Moi, je ne sais rien en faire, de mon hiver à moi, qui est citadin et moche, un vrai hiver, pas des vacances d’hiver, et je me sens comme un bout de lui, hiver en ville, hiver moi-même, convaincu qu’on ne peut pas lutter contre soi avec ses propres armes, qu’en ville cette espèce de joute est impossible.
Or, les armes de l’hiver, c’est l’hiver. Que je vois, au mieux, scintiller sans bonheur, nu et à blanc comme lui, en m’identifiant à lui, seulement sans le moindre effet de parenté, sans la compensation du mimétisme.
Il est comme ça, il est juste comme moi, mon hiver à moi, recroquevillé, maladif, si affaibli qu’il peut prendre à tout moment un pauvre air comminatoire, pauvrement comminatoire, pas à sa place là où il se trouve, mais à ma place. Et je me dis, tant pis pour lui, puisqu’il faut bien le passer quelque part, cet hiver-là.
26 Février 2013
mercredi 27 février 2013
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